Bundesstrafgericht
Tribunal pénal fédéral
Tribunale penale federale
Tribunal penal federal


Numéros de dossier: BV.2010.6 + BV.2010.7 + BV.2010.8

Arrêt du 2 mars 2010
Ire Cour des plaintes

Composition

Les juges pénaux fédéraux Tito Ponti, président, Emanuel Hochstrasser et Patrick Robert-Nicoud ,

la greffière Claude-Fabienne Husson Albertoni

Parties

1. A. AG,

2. B. AG,

3. Fondation C.,

toutes trois représentées par Me Pierre-Alain Guillaume et Me Fabienne Jaros, avocats,

plaignantes

contre

Administration fédérale des contributions,

partie adverse

Objet

Séquestre (art. 46 DPA)


Vu:

- les différentes décisions de séquestre prononcées en 2003 par la Division principale de l'impôt fédéral direct, de l'impôt anticipé, des droits de timbre (ci-après: DAPE) de l'Administration fédérale des contributions (ci-après: AFC) à l'encontre des époux D. et des sociétés E. SA et F. SA,

- le courrier du 15 janvier 2010 adressé à l'AFC par les époux D., ainsi que les sociétés E. SA et F. SA demandant la levée de ces séquestres,

- la décision rendue par l'AFC le 29 janvier 2010 et dans laquelle celle-ci refuse la levée des séquestres prononcés à l'encontre des époux D. et de la société E. SA,

- la plainte formulée le 4 février 2010 à l'encontre de cette décision auprès du Directeur de l'AFC par les époux D., E. SA, F. SA, A. AG, B. AG et la Fondation C., dans laquelle ils concluent:

« 1. A la forme

Déclarer bon (sic) et recevable la plainte du 4 février 2010.

2. Au fond

a) principalement

- Annuler la décision rendue le 29 janvier 2010 par la DAPE.

- Dire que les séquestres ordonnés par la DAPE en 2003 contre les plaignants doivent être levés.

b) subsidiairement

- Annuler la décision rendue le 29 janvier 2010 par la DAPE.

- Dire que les séquestres ordonnés par la DAPE à l'encontre de
F. SA, A. AG, B. AG et de la Fondation C. (sic) ».

- les observations du Directeur de l'AFC transmises avec la plainte à l'autorité de céans le 11 février 2010 dans lesquelles il conclut à ce que la plainte soit déclarée irrecevable en tant qu'elle émane des sociétés A. AG, B. AG et de la Fondation C. et rejetée pour le reste sous suite de frais.

Et considérant:

que les mesures de contraintes au sens des art. 45 ss DPA et les actes ou omissions qui s'y rapportent peuvent être l'objet d'une plainte adressée à la Cour des plaintes (art. 26 al. 1 DPA);

qu'a qualité pour déposer plainte quiconque est atteint par l'acte d'enquête qu'il attaque et a un intérêt digne de protection à son annulation (art. 28 al. 1 DPA);

que la légitimation à se plaindre suppose ainsi un préjudice personnel et direct, seule étant dès lors recevable à se plaindre la personne qui est directement et personnellement lésée par une décision ou une mesure (arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2005.123 du 9 février 2005 consid. 1.4 et références citées);

que pour être recevable à agir, encore faut-il bénéficier d'un intérêt digne de protection pour ce faire, soit tout intérêt pratique ou juridique à demander la modification ou l'annulation de la décision attaquée, l'intérêt digne de protection consistant en l'utilité pratique que l'admission du recours apporterait au plaignant en lui évitant de subir un préjudice de nature économique, idéale, matérielle ou autre que la décision attaquée lui occasionnerait (arrêt du Tribunal pénal fédéral BB.2005.25 consid. 1.2 et référence citée);

qu'en l'espèce, la demande du 15 janvier 2010 a été adressée à l'AFC par les époux D., ainsi que les sociétés E. SA et F SA;

que dans la décision attaquée, A. AG, B. AG et la Fondation C. ne sont nullement évoquées;

qu'il faut dès lors admettre que celle-ci ne les concerne pas;

qu'à ce titre, n'étant pas touchées par le refus de lever le séquestre, ni ces sociétés ni la fondation ne peuvent se voir reconnaître la qualité pour agir;

que leurs plaintes sont en conséquence irrecevables;

que les plaintes étant d'emblée irrecevables, il a été renoncé à procéder à un échange d'écriture (art. 57 al. 1 PA par analogie);

que les plaignantes qui succombent doivent supporter solidairement les frais de la cause qui sont fixés à Fr. 600.-- (art. 66 al. 1 LTF applicable par renvoi de l'art. 25 al. 4 DPA).


Par ces motifs, la Ire Cour des plaintes prononce:

1. Les plaintes, en tant qu'elles émanent de A. AG, B. AG et la Fondation C., sont irrecevables.

2. Un émolument de Fr. 600.-- est mis à la charge solidaire des plaignantes.

Bellinzone, le 2 mars 2010

Au nom de la Ire Cour des plaintes

du Tribunal pénal fédéral

Le président: La greffière:

Distribution

- Me Pierre-Alain Guillaume et Me Fabienne Jaros, avocats

- Administration fédérale des contributions

Indication des voies de recours

Dans les 30 jours qui suivent leur notification, les arrêts de la Ire Cour des plaintes relatifs aux mesures de contrainte sont sujets à recours devant le Tribunal fédéral (art. 79 et 100 al. 1 de la loi fédérale du 17 juin 2005 sur le Tribunal fédéral; LTF). La procédure est réglée par les art. 90 ss LTF.

Le recours ne suspend l'exécution de l'arrêt attaqué que si le juge instructeur l'ordonne (art. 103 LTF).
Information de décision   •   DEFRITEN
Décision : BV.2010.6
Date : 02 mars 2010
Publié : 22 mars 2010
Tribunal : Tribunal pénal fédéral
Statut : Non publié
Domaine : Cour des plaintes: procédure pénale
Regeste : Séquestre (art. 46 DPA).


Répertoire des lois
DPA: 25 
DPA Art. 25 A. Autorités / VI. Cour des plaintes - VI. Cour des plaintes 1 SR 313.0 Loi fédérale sur le droit pénal administratif
1    La cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral connaît des plaintes et contestations qui lui sont soumises en vertu de la présente loi.
2    S'il en est besoin pour sa décision, la cour des plaintes ordonne l'administration de preuves; elle peut requérir à cet effet les services de l'administration ou du juge d'instruction fédéral de la région linguistique intéressée.
3    Lorsque la sauvegarde d'intérêts publics ou privés importants l'exige, la cour des plaintes prend connaissance des preuves hors la présence du plaignant ou du requérant.
4    Les frais de la procédure de recours devant la Cour des plaintes se déterminent d'après l'art. 73 de la loi du 19 mars 2010 sur l'organisation des autorités pénales 2 . 3
26 
DPA Art. 26 B. Plainte au sujet des actes d'enquête / I. A l'occasion de mesures de contrainte - B. Plainte au sujet des actes d'enquête I. A l'occasion de mesures de contrainte SR 313.0 Loi fédérale sur le droit pénal administratif
1    Les mesures de contrainte (art. 45 et s.) et les actes ou omissions qui s'y rapportent peuvent être l'objet d'une plainte adressée à la cour des plaintes du Tribunal pénal fédéral.
2    La plainte est déposée:
a  auprès de la cour des plaintes si elle est dirigée contre une autorité judiciaire cantonale ou contre le directeur ou chef de l'administration;
b  auprès du directeur ou du chef de l'administration dans les autres cas.
3    Si, dans les cas mentionnés à l'al. 2, let. b, le directeur ou le chef de l'administration corrige l'acte officiel ou remédie à l'omission conformément aux conclusions du plaignant, la plainte devient caduque; sinon, il la transmet à la cour des plaintes, avec ses observations, au plus tard le troisième jour ouvrable suivant celui où elle a été déposée.
28 
DPA Art. 28 B. Plainte au sujet des actes d'enquête / III. Dispositions communes - III. Dispositions communes SR 313.0 Loi fédérale sur le droit pénal administratif
1    A qualité pour déposer plainte quiconque est atteint par l'acte d'enquête qu'il attaque, l'omission qu'il dénonce ou la décision sur plainte (art. 27, al. 2) et a un intérêt digne de protection à ce qu'il y ait annulation ou modification; le directeur ou chef de l'administration a aussi qualité pour déposer plainte contre la mise en liberté par l'autorité judiciaire cantonale d une personne arrêtée provisoirement ou détenue (art. 51, al. 5, et 59, al. 3).
2    La plainte est recevable pour violation du droit fédéral, pour constatation inexacte ou incomplète de faits pertinents ou pour inopportunité; l'art. 27, al. 3, est réservé.
3    La plainte visant un acte d'enquête ou une décision rendue sur plainte doit être déposée par écrit auprès de l'autorité compétente, avec des conclusions et un bref exposé des motifs, dans les trois jours à compter de celui où le plaignant a eu connaissance de l'acte d'enquête ou reçu notification de la décision; si le plaignant est détenu, il suffit qu'il dépose la plainte à la direction de la prison, qui est tenue de la transmettre immédiatement.
4    La plainte déposée auprès d'une autorité incompétente doit être transmise immédiatement à l'autorité compétente; le délai est réputé observé si le plaignant s'adresse en temps utile à une autorité incompétente.
5    Sauf disposition contraire de la loi, la plainte n'a pas d'effet suspensif, à moins que cet effet ne lui soit attribué par une décision provisionnelle de l'autorité saisie ou de son président.
45 
DPA Art. 45 F. Mesures de contrainte / I. Dispositions générales - F. Mesures de contrainte I. Dispositions générales SR 313.0 Loi fédérale sur le droit pénal administratif
1    Le séquestre, la perquisition, l'arrestation provisoire ou l'arrestation doivent être opérés avec les égards dus à la personne concernée et à sa propriété.
2    Des mesures de contrainte ne peuvent être prises en cas d'inobservation de prescriptions d'ordre.
46
DPA Art. 46 F. Mesures de contrainte / II. Séquestre / 1. Objet - II. Séquestre 1. Objet SR 313.0 Loi fédérale sur le droit pénal administratif
1    Le fonctionnaire enquêteur met sous séquestre:
a  les objets pouvant servir de pièces à conviction;
b  les objets et autres valeurs qui seront vraisemblablement confisqués;
c  les dons et autres avantages qui seront dévolus à l'Etat.
2    Les autres objets et valeurs qui ont servi à commettre l'infraction ou qui en sont le produit peuvent être séquestrés, lorsque cela paraît nécessaire pour empêcher de nouvelles infractions ou pour garantir un droit de gage légal.
3    Il est interdit de séquestrer les objets et les documents concernant des contacts entre une personne et son avocat si celui-ci est autorisé à pratiquer la représentation en justice en vertu de la loi du 23 juin 2000 sur les avocats 1 et n'a pas le statut de prévenu dans la même affaire. 2
LTF: 66 
LTF Art. 66 Recouvrement des frais judiciaires SR 173.110 0
1    En règle générale, les frais judiciaires sont mis à la charge de la partie qui succombe. Si les circonstances le justifient, le Tribunal fédéral peut les répartir autrement ou renoncer à les mettre à la charge des parties.
2    Si une affaire est liquidée par un désistement ou une transaction, les frais judiciaires peuvent être réduits ou remis.
3    Les frais causés inutilement sont supportés par celui qui les a engendrés.
4    En règle générale, la Confédération, les cantons, les communes et les organisations chargées de tâches de droit public ne peuvent se voir imposer de frais judiciaires s'ils s'adressent au Tribunal fédéral dans l'exercice de leurs attributions officielles sans que leur intérêt patrimonial soit en cause ou si leurs décisions font l'objet d'un recours.
5    Sauf disposition contraire, les frais judiciaires mis conjointement à la charge de plusieurs personnes sont supportés par elles à parts égales et solidairement.
90 
LTF Art. 90 Décisions finales - Le recours est recevable contre les décisions qui mettent fin à la procédure. SR 173.110 0
103
LTF Art. 103 Effet suspensif SR 173.110 0
1    En règle générale, le recours n'a pas d'effet suspensif.
2    Le recours a effet suspensif dans la mesure des conclusions formulées:
a  en matière civile, s'il est dirigé contre un jugement constitutif;
b  en matière pénale, s'il est dirigé contre une décision qui prononce une peine privative de liberté ferme ou une mesure entraînant une privation de liberté; l'effet suspensif ne s'étend pas à la décision sur les prétentions civiles;
c  en matière d'entraide pénale internationale, s'il a pour objet une décision de clôture ou toute autre décision qui autorise la transmission de renseignements concernant le domaine secret ou le transfert d'objets ou de valeurs;
d  en matière d'assistance administrative fiscale internationale.
3    Le juge instructeur peut, d'office ou sur requête d'une partie, statuer différemment sur l'effet suspensif.
PA: 57
PA Art. 57 H. Autres règles de procédure à suivre avant la décision sur recours / III. Echange d'écritures - III. Echange d'écritures SR 172.021 Loi fédérale sur la procédure administrative
1    Si le recours n'est pas d'emblée irrecevable ou infondé, l'autorité de recours en donne connaissance sans délai à l'autorité qui a pris la décision attaquée et, le cas échéant, aux parties adverses du recourant ou à d'autres intéressés, en leur impartissant un délai pour présenter leur réponse; elle invite en même temps l'autorité inférieure à produire son dossier. 1
2    L'autorité de recours peut, à n'importe quel stade de la procédure, inviter les parties à un échange ultérieur d'écritures ou procéder à un débat.
Répertoire de mots-clés
Trié par fréquence ou alphabet
tribunal pénal fédéral • cour des plaintes • plaignant • intérêt digne de protection • directeur • mesure de contrainte • tribunal fédéral • titre • légitimation active et passive • décision • impôt fédéral direct • droits de timbre • analogie • objet séquestré • vue • impôt anticipé
Décisions TPF
BV.2010.7 • BB.2005.25 • BB.2005.123 • BV.2010.8 • BV.2010.6